Les monnaies libres ne vont-elles pas nous entrainer à être dans une évaluation permanente de tous nos échanges, même ceux qui sont du ressort du don ??
Comment penser le continuum entre le geste du pur échange avec nos proches (rendre service à ma très chère aïeule, par exemple) et la prestation facturée du montage d’un site Internet que j’ai effectué pour la boutique de vêtements voisine. Ou plutôt, puisqu’il n’y a pas de continuum, où placer la limite ? Si le « comptage » pour le second cas ne pose pas de question, on ne saurait s’engager dans une démarche du même type pour la première…donc à partir de quand le comptage devient-il « juste », donc « justifiable » auprès de l’autre, et pour soi même. Je sais que cette question est débattue depuis dans l’Association SOL. Je ne sache pas qu’elle ait beaucoup avancé…Comment progresser ? Car cette question est proprement anthropologique. Le don entre soi est une dimension magnifique de la Vie, qu’il ne faut surtout pas ternir par des « évaluations » inconsidérées…

